Après une dizaine de minutes de marche, j’arrivais enfin en vue de l’atelier d’Alicia. L’après midi était déjà bien avancé et je savais très bien que ce ne serait pas aujourd’hui que je finirai mes dossiers, mais peu importe. Arrivant devant cette porte si familière, et ne retrouvant pas le marteau de porte, je décidais de rentrer pour faire une surprise à Alicia. Au moment où j’ouvrais la porte, je sentais quelque chose retenir celle-ci. Accentuant du coup mon geste, je sentis la résistance diminuer et enfin disparaitre. Au moment où je franchissais le seuil, je compris ce qui m’avait gêné. Un jeune homme était sur ses genoux ne sachant pas ce qu’il venait de lui arriver. Il leva les yeux vers moi et m’accueillit en braillant :
« Alors papi on ne peut pas faire at..tten….tion… »

Il n’avait pas fini sa phrase que mes quatre protecteurs étaient sortis de mon ombre pour voir ce qui se passer. Sulfur s’était mis en position d’attaque prêt à bondir à mon ordre.
Ne comprenant pas ce qui se déroulait devant lui, le jeune homme en resta sans voix.
« Désolé mon garçon. ».
Faisant signe à un de mes hommes de le relever, j’en profitais pour le contourner et ainsi rentrer dans l’atelier. Je n’avais pas fini de pénétrer dans celui ci qu’une jolie femme au charme ravageur et à la chevelure rouge me sauta dans les bras.

La scène était peu ordinaire car elle était pendue à mon coup et ses pieds ne touchaient plus le sol. Elle s’écria :
« Darkan !!!
- Alicia, comment vas-tu depuis tout ce temps ?
- Bien ! Bien !! Mais rentre ça fait tellement longtemps ! Viens, j’ai beaucoup de choses à te montrer, tes visites m’ont tant manquée. »
Me retournant pour donner des ordres à mes anges noirs, je vis que l’homme avait été relevé. Il était resté là, incrédule devant la scène à laquelle il venait d’assister. On pouvait lire de la jalousie mais surtout une incompréhension envers cette explosion de sentiments de la part d’Alicia et il bredouilla enfin :
« Darkan …. Darkan Eddings ? Le commandant suprême de notre armée ?? … »
Pour seule réponse, je lui retournais un sourire approbateur et il fut reconduit vers la sortie par le garde qui l’avait aidé à se relever. La pétillante rousse, débordée de bonne humeur, elle le tira par le bras car, à ces yeux, il n’allait pas assez vite.
« Je faisais raccompagner ton ami jusqu'à la porte.
- Qui ?
- L’homme qui partait au moment où je suis arrivé.
- AAaaahhhhh !!!! Luth !!! » A la prononciation de ce prénom, ces joues s’empourprèrent.
Continuant à me tirer, elle me mena vers un endroit où étaient disposés deux fauteuils face à face, surement l’endroit où elle recevait ces clients. Là, elle m’invita à prendre place et s’installa en face de moi. Elle n’était pas encore assise que Sulfur lui sauta dessus pour se faire caresser, ce qui n’était pas dans son habitude. Elle se mit à caresser l’animal et me dit :
« - Dis-moi tout. Que me vaut le plaisir de ta visite ?
- Il me faut une excuse pour venir te voir maintenant ? Il est vrai que je n’ai pu venir aussi souvent que par le passé mais ce n’est pas pour autant que je t’oublie. Tu sais très bien que je te considère comme ma deuxième fille. De quoi tu as peur ? Que je te délaisse ? Mon travail me prend beaucoup de temps mais je ne t’oublie pas. Tu seras toujours la bienvenue quant tu voudras nous rendre visite à Kara et à moi. »
A ces mots de réconfort une larme perla le long de sa joue.
« Je suis une mauvaise hôte, dit elle en éclatant de rire, j’ai oublié de vous porter à boire. »
D’un bond, elle se leva et disparut dans une pièce voisine d’où elle ressortit quelques minutes plus tard avec un plateau et ses six verres. Elle tenait également deux bouteilles dans l’autre main.
























