Warning: texte pouvant choquer les tous jeunes n'enfants. Goliath, tu sors. Non mais sérieusement, certains pourraient être pas très à l'aise, c'est un chtit peu violent
Vieux texte avec un perso qu'il est temps de ressortir dans la résidence des sadiques. Et euh...pas de titre parce que c'est grave la loose les titres 8D
Le garçon se tenait recroquevillé dans un coin de la pièce, les mains posées sur sa tête et tremblant de tous ses membres. Du coin de l’œil, il surveillait les faits et gestes de l’homme, se repliant un peu plus sur lui-même chaque fois que celui-ci faisait mine de s’approcher. Il retint un cri apeuré lorsqu’une main s’abattit sur son épaule. Tournant la tête, il découvrit un autre garçon agrippé à lui, la tête en sang et qui le suppliait du regard. « Sauve-moi ».
L’homme s’approcha d’eux, un sourire malsain affiché sur ses lèvres minces. Il était grand, de longs cheveux blanc qu’il laissait cascader sur ses épaules, parsemés de tâches sombres par endroit. Ses yeux verts scrutaient les deux garçons devant lui, comme s’il avait du mal à se décider. Finalement, il tendit la main vers le plus jeune et lui attrapa le poignet, le forçant à lâcher l’autre. Le pauvre hurla de terreur, alors que son geôlier l’entrainait de nouveau dans la pièce voisine, la pièce sombre.
Le premier garçon se couvrit le visage de ses mains, étouffant un sanglot. Il savait très bien ce qu’il se passait à côté. Il était arrivé avec les autres deux semaines auparavant, et désormais il ne restait plus que lui. L’homme venait chaque soir, en choisissait un et disparaissait durant des heures dans l’autre pièce. Et plus jamais on ne le revoyait.
Une fois, alors que la lumière était restée allumée, il avait réussi à voir ce qu’il y avait « là-bas ». Une table de fer pourvue d’attaches de métal, une autre de bois où étaient exposés d’étranges instruments brillants, et un canapé. Et du sang séché, en grande quantité.
Un hurlement de douleur lui vrilla les tympans, alors qu’il éclatait en sanglots. Il essaya de se boucher les oreilles, ne plus entendre les cris déchirants et les suppliques, alors que le rire du geôlier retentissait dans la cellule.
- Papa…
Il aurait voulu retourner chez lui, retrouver la cabane misérable où sa famille s’entassait. Ses petites sœurs pleuraient sans doute qu’elles avaient faim, alors que sa mère s’affairait autour du chaudron où mijotait la soupe. Etant l’aîné, il se serait occupé de nourrir le bébé, avant d’aller couper du bois dehors. Mais parce qu’il avait fait confiance à son père lorsque celui-ci avait dit vouloir lui faire connaître la ville, parce qu’il l’avait suivi aveuglément, il se trouvait enfermé là, à attendre la mort. Il se souvenait encore de la ruelle sombre où s’était déroulée la transaction, lorsque le gros monsieur avait donné un sac plein d’or à son père avant de le trainer derrière lui. Il avait essayé de se débattre, mais la gifle que la brute lui avait assénée l’avait à moitié assommé. Lorsqu’il s’était réveillé, il s’était retrouvé au milieu d’autres enfants, des orphelins pour la plupart. Et puis le cauchemar avait commencé.
Enfin les cris cessèrent, et il put retirer ses mains de ses oreilles. La porte s’ouvrit dans un grincement terrible, et l’homme entra dans la pièce avant de s’accroupir devant lui. Son sourire était encore plus fou, plus terrifiant que jamais. Ses mains, son visage et ses cheveux étaient tâchés de sang, ce sang qui maculait aussi sa chemise mal boutonnée.
- Le plus mignon pour la fin…
Le garçon ferma fort les yeux, incapable de supporter sa vue sans avoir envie de vomir.
- Seigneur...
Une voix qui lui était inconnu résonna dans la pièce. Avec soulagement, il sentit l’homme se relever et se tourner vers la porte.
- Ceci pour vous… Ca trainait près du château.
- Jetez ça dans un coin, je m’en occuperais plus tard.
Le garçon entendit le bruit d’un corps qu’on balance sur les dalles de pierre, avant que la porte ne se referme. Il attendit longtemps avant d’oser rouvrir les yeux, découvrant avec soulagement que l’homme était parti. Sur le sol devant lui, il vit une femme allongée, du sang coulant de sa tempe. Prenant son courage à deux mains, il rampa jusqu’à elle, découvrant une elfe aux longs cheveux blonds, simplement évanouie. Avec honte, il se surprit à penser que la malheureuse allait peut être y passer le lendemain, ce qui lui laisserait la vie sauve un jour de plus.
L’elfe laissa échapper un grognement, avant de se redresser lentement, une main portée à sa tête. Il se recula brusquement, apeuré. Elle tourna la tête vers lui et le dévisagea curieusement, avant de lui offrir un sourire rassurant.
- Hey… Comment tu t’appelles toi ?
Le garçon se réfugia à nouveau dans son coin, avant de balbutier d’une voix tremblante.
- Nulalié…
- C’est un joli nom, répondit doucement l’elfe en se rapprochant de lui. Moi c’est Kyosa.
Il ne chercha pas à fuir lorsqu’elle posa sa main dans ses cheveux pour les lui ébouriffer gentiment. Il baissa lentement la tête, serrant les poings pour essayer de retenir ses larmes.
- Shhh… tu peux pleurer si tu veux.
Avant qu’il ne s’en rende compte, l’elfe avait passé ses bras autour de lui et le serrait tendrement entre ses bras. Il attrapa doucement son haut et le serra entre ses doigts, pleurant de tout son soûl alors qu’elle le berçait. Et entre deux sanglots, il lui expliqua comment il était arrivé là, les autres enfants qui disparaissaient et ne revenaient pas, et l’homme aux cheveux blanc qui riait toujours quand il en emmenait un dans l’autre pièce. Elle l’écouta sans l’interrompre, et une fois qu’il eut fini, déposa un baiser sur son front. Se sentant un peu mieux, le garçon s’endormit dans ses bras, sans voir la flamme de la haine briller dans le regard de sa compagne de cellule.
- Je ne le laisserai pas te tuer…Je ne le laisserai plus tuer personne…
Le lendemain soir, l’homme revint. Nulalié se cacha derrière Kyosa, terrorisé par le regard gourmand que lui adressa leur bourreau.
- Alors, lequel des deux choisirons-nous ce soir…
L’elfe s’avança alors, le menton relevé en signe de fierté.
- Je te propose un petit défi, petit enfoiré. Tue-moi avant de le tuer.
L’homme haussa un sourcil, avant d’éclater d’un rire enfiévré. Quand enfin il se calma, ce fut pour se rendre compte que la jeune femme ne plaisantait pas.
- Et en quoi… te tuer serait un défi ?
- Parce que je suis immortelle, et que je parie que tu ne peux me tuer véritablement, voila tout, expliqua tranquillement l’elfe en plongeant son regard dans le sien.
Aussi surpris que l’homme, Nulalié leva la tête vers Kyosa, les yeux ronds. Il fut impressionné de la voir si droite, si sûre d’elle, n’ayant aucune réaction de peur face au sourire de fou qu’arborait désormais leur geôlier.
- Voila un défi comme je les aime. C’est entendu, je te tuerai avant cet adorable gamin. Tes cris accompagneront son sommeil.
Il s’écarta ensuite, invitant l’elfe à entrer dans la pièce sombre. Kyosa passa une dernière fois sa main dans les cheveux de Nulalié, lui murmurant que tout allait bien se passer, avant de se rendre là où l’homme désirait.
Et même si elle résista plus longtemps que les autres enfants, bientôt ses hurlements retentirent dans le cachot. Finalement, l’homme la ramena vers Nulalié en la traînant par les cheveux. Elle était mal en point, souffrant de nombreuses blessures plus horribles les unes que les autres. Et pourtant, malgré son état, elle réussit encore à sourire à Nulalié qui ne pouvait détacher ses yeux d’elle, horrifié.
- Nous verrons combien de jours de ce traitement tu seras capable de supporter, murmura l’homme à l’oreille de l’elfe avant de la relâcher.
Elle s’écroula au sol, lui adressant un regard noir alors qu’il sortait en riant. Nulalié se précipita aux côtés de Kyosa et l’enveloppa dans leur unique couverture. Il resta la veiller la nuit entière, ne s’endormant qu’au petit matin. Et le soir suivant, il revint.
Cela continua ainsi des jours durant. Kyosa supportait les tortures la nuit, et le jour racontait des histoires fantastiques à Nulalié pour qu’ils oublient ne serait-ce qu’un instant l’horreur de la réalité. Elle lui expliqua qu’elle était un membre important d’un Conseil, et qu’elle était en mission pour son pays lorsqu’elle était tombée dans ce piège. Elle lui raconta qu’elle s’inquiétait pour ses amis et son petit-ami, restés sans nouvelles depuis tout ce temps. Et Nulalié la trouva d’autant plus admirable de se soucier encore des autres, alors qu’elle était enfermée dans le pire endroit du monde.
Un soir, alors que ce seigneur avait encore emmené la jeune femme, Nulalié ne put pas résister plus longtemps et s’avança jusqu’à la porte de l’autre pièce, serrant fermement la cruche en terre cuite entre ses mains. Il manqua de pousser un cri d’effroi en découvrant Kyosa attachée à la table, le corps transpercé par une demi-douzaine de machettes. L’homme était penché sur elle, et il retira les armes une à une, se délectant des soubresauts de douleur qui parcouraient le corps de sa victime à chaque fois. L’elfe ne pouvait plus hurler, épuisée. Ses poings se desserrèrent lentement alors que son corps se détendait, ses yeux à demi fermés. L’homme s’allongea doucement sur elle et posa ses mains sur ses poignets, avant de venir lentement lécher le sang qui coulait de la gorge délicate de la jeune femme.
Nulalié en laissa tomber la cruche, qui se brisa à ses pieds, portant ses mains à ses lèvres. L’homme releva lentement la tête et sourit en l’apercevant à la porte, avant de retourner lécher le sang sans le quitter du regard. Le garçon se détourna brusquement et retourna se recroqueviller dans son coin, terrorisé.
Lorsqu’il ramena Kyosa et s’en alla, Nulalié essaya de s’excuser auprès de l’elfe, retenant ses larmes difficilement alors qu’elle le regardait tristement. Elle réussit à lever la main et la posa doucement sur la joue du garçon, avant de lui murmurer.
- Ne pleure pas… Bientôt, ils viendront nous sauver… et on repartira, tous les deux…sur Ayasu, comme je te l’ai promis.
Nulalié ferma les yeux et posa ses mains sur celle de l’elfe, la serrant doucement. Il ne savait pas comment elle faisait pour se montrer aussi forte, mais il se jura que plus jamais il ne serait lâche, afin qu’elle soit fière de lui. Il s’allongea ensuite près d’elle et s’endormit, blotti contre elle, le cœur bercé par le même espoir que son amie. Bientôt, ils seraient libres.



